La chirurgie des narines ou alarplasty

Nous allons aujourd’hui parler de la résection narinaire. Il s’agit de la chirurgie des narines, le plus souvent trop larges.

Causes de narines trop larges

Facteurs génétiques : 

    • Les africains, les personnes originaires d’Amérique latine et les asiatiques ont souvent des narines assez larges
    • On réalise donc souvent cette chirurgie dans le cadre des rhinoplasties ethniques

Traumatismes et blessures : 

    • Certains traumatismes peuvent entrainer la déformation d’une narine. Un accident, une coupure, une morsure, etc. peuvent altérer la forme de l’aile narinaire.
    • Ceci cause une asymétrie narinaire qui peut être disharmonieuse

Impact des narines trop larges sur l’harmonie faciale

  • Les codes de l’esthétique imposent une distance (largeur) entre les deux narines équivalente à la distance entre les deux sourcils (distance intercanthale)
  • Toute différence entre ces deux distances peuvent paraître disharmonieuse aux yeux du patient
  • Si les narines sont trop écartées, cela accentue l’aspect de « gros nez » de face

Techniques

  • Il existe plusieurs techniques pour corriger les narines
  • L’idée générale est de corriger un ou plusieurs éléments suivants :
    • La longueur de la narine
    • La forme : trop concave par exemple (narine en parenthèses) 
    • La largeur : exemple de narines un peu trop épatées comme dans certaines ethnies africaines ou asiatiques
    • L’épaisseur de la peau de la narine peut être corrigée.
  • On peut, dans certains cas, réaliser cette chirurgie sous anesthésie locale pure ou locale améliorée (avec un peu de produits d’anesthésie par les veines) si elle est isolée.
  • En revanche, en associant avec une rhinoplastie le geste est réalisé sous anesthésie générale
  • Il existe plusieurs techniques pour corriger les narines. Nous n’allons pas établir une liste exhaustive mais énumérer quelques idées :
    • Repositionnement de la pointe en augmentant la projection : pour vulgariser l’idée, si on allonge le nez (comme pinocchio), alors les narines vont changer de position et vont être moins épatées ; 
    • une résection narinaire en enlevant de la peau de la narine 
    • une résection du seuil narinaire qui permet de rapprocher la narine du centre du nez
    • une technique combinée peut être utilisée dans certaines situations
  • Attention :
    • ces gestes sont quasi irréversibles : il sera difficile de corriger dans un second temps, si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes .
    • Ainsi, il est primordial de bien cerner la demande du patient et d’adapter la technique à la demande
    • Par ailleurs, des cicatrices vont apparaitre lorsque ce geste est réalisé
    • Il est important d’être très minutieux pour le chirurgien sur ce geste et de bien soigner la cicatrice en post opératoire pour qu’elle soit la plus discrète possible

Les risques d’une résection narinaire ou d’un alarplasty

  • Une cicatrice non esthétique et trop visible qui donne un aspect « surgical look » non naturel
  • Une asymétrie des narines. En effet, la correction et la façon de cicatriser peuvent différer entre les deux narines. Une symétrie parfaite est donc parfois difficile
  • Des difficultés respiratoires en cas d’une fermeture trop importante et non maitrisée de la narine
  • Il peut exister parfois des risques de mauvaise cicatrisation par lâchage de sutures qui réouvre l’incision initiale. Une reprise sous anesthésie locale est souvent proposée pour corriger cela assez facilement.
  • On pense souvent que réaliser une chirurgie des narines rend le nez plus artificiel :
    • Ceci dépend du geste réalisé comme toute la rhinoplastie en elle-même
    • La forme des narines doit être respectée afin de trouver la bonne harmonie du nez par rapport au reste du visage
    • Ceci est particulièrement vrai dans les cas de rhinoplasties ethniques (africains, asiatiques). Si on rend les narines trop « européennes », il y aura forcément un rendu artificiel même si le geste a bien été réalisé.

Cicatrisation

  • La chirurgie de résection narinaire peut soit compléter une rhinoplastie « classique », soit être un geste isolé
  • Des points non résorbables sont généralement utilisés, ils seront retirés au bout de deux semaines en général au cabinet du chirurgien
  • Il n’y a pas d’œdème local mais un aspect un peu inflammatoire (rouge) par moment 
  • Ce n’est pas du tout douloureux en postopératoire. Les zones des points peuvent être un peu sensibles tout juste.
  • La cicatrisation finale est obtenue en 1 mois en moyenne selon la capacité de cicatrisation de chacun
  • Des soins post-opératoires sont nécessaires avec un nettoyage classique au sérum et l’application de pommade aidant à la cicatrisation
  • Il est primordial d’éviter toute macération de la cicatrice au risque d’un lâchage des sutures
  • Il n’y a pas besoin d’un arrêt de travail prolongé après une chirurgie des ailes narinaires isolée
  • Dans les cas de rhinoplasties ethniques, il y a un risque supérieur de mauvaises cicatrisations (chéloïdes) avec des cicatrices hypertrophiques.
  • Il faudra adapter au cas par cas le protocole de soins post opératoires dans ces situations

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