10 signes d’une rhinoplastie ratée
Le résultat final d’une rhinoplastie est visible au bout d’un an. En effet, l’œdème diminue progressivement. Nous aborderons, dans un autre article, l’évolution du nez au fil du temps.
En tant que patient et chirurgien, il existe des signes qui peuvent faire craindre une rhinoplastie ratée, nécessitant au mieux une retouche (on ne parle pas ici d’une rhinoplastie ratée au sens propre), au pire une rhinoplastie secondaire.
Asymétrie et déviation
- Il s’agit sans doute du signe le plus fréquent à craindre
- Pour mémoire, le nez est une succession de paires :
- Le tiers supérieur est une paire d’os (os propres du nez)
- Le tiers moyen est une paire de cartilages (cartilages latéraux supérieurs)
- Le tiers inférieur est une paire de cartilages (les cartilages alaires de la pointe)
- En cas d’altération ou de travail non symétrique de chaque paire, il y aura un risque d’asymétrie
- Cela peut venir d’un problème technique comme une fracture non maitrisée de part et d’autres
- Mais cela peut également être la conséquence d’un problème de cicatrisation (cf. plus bas)
- Les premières semaines après une rhinoplastie, l’œdème est très variable et diminue de façon irrégulière.
- Il peut classiquement y avoir une petite asymétrie due à l’œdème. Elle rentre habituellement dans l’ordre après les massages.
- En revanche, une asymétrie persistante (plusieurs mois) est inquiétante, surtout au toucher.
- L’aspect de nez dévié vient :
- soit de la multiplication des asymétries
- soit à cause d’un défaut de gestion de la cloison nasale.
- La cloison est comme la colonne vertébrale du nez. En cas de cloison trop faible (non renforcé) ou de non remise à la bonne place, le nez va avoir tendance à « suivre » la direction de la cloison.
- Pour mémoire le tiers supérieur dégonfle en 3 mois, le tiers moyen en 6 mois et le dernier tiers, inférieur, en un an. C’est pour cela que l’on évoque classiquement le délai d’un an.
Obstruction nasale permanente
- Une rhinoplastie est un geste esthétique mais il est important de bien considérer son rôle fonctionnel
- Par ailleurs, une rhinoplastie ratée entraine souvent une obstruction nasale
- Des premiers jours jusqu’au deuxième ou troisième mois, le nez peut être bouché à cause des secrétions normales et/ou des croutes post opératoires.
- Nous parlons ici d’une obstruction persistante et permanente.
- Les causes peuvent être multiples mais il faut retenir que, lorsque l’on rétrécit un nez, il faut tenir compte de la dynamique respiratoire
- Un ORL a ainsi l’avantage de bien connaître les enjeux fonctionnels d’une rhinoplastie et il arrive qu’il faille travailler d’autres organes à l’intérieur du nez afin de garantir une bonne respiration après une rhinoplastie de réduction
- Le scanner préopératoire est également là pour évaluer les cornets, sinus, muqueuse nasale, etc.
- Il arrive qu’une rhinoplastie soit réussie sur le plan esthétique mais un échec concernant la fonction respiratoire
- Cependant « un nez raté respire rarement bien »
Pointe pincée
- En anglais, « pinched nose »
- Cela représente un excès de retrait de cartilage alaire de la pointe.
- Lorsqu’un patient demande une pointe plus fine, il faut respecter un certain équilibre et l’on ne peut réséquer plus que ce qu’il n’en faut
- La conséquence est une rétraction des tissus mous et de la peau qui entraine cet effet pincé de la pointe qui n’est pas du tout naturel
- C’est le cas du célèbre roi de la pop !
Défaut de rotation de la pointe
- La rotation de la pointe est essentielle.
- Il s’agit de l’angle que forme la pointe du nez de profil par rapport à la lèvre supérieure
- Un excès de rotation entraine un barbie nose tandis qu’un défaut entraine une pointe tombante type « sorcière »
- Il s’agit ici d’un défaut technique qui se corrige assez bien mais nécessite forcément une seconde chirurgie
- Il faut savoir que les pointes ont une tendance à s’abaisser de quelques degrés avec le temps
- Il ne faut pas conclure à une pointe trop remontée les 2 ou 3 premiers mois.
Narines dysharmonieuses
- Nous ne parlons pas ici d’une symétrie narinaire parfaite, notamment des orifices narinaires en vue basale, de dessous
- Nous parlons surtout d’une asymétrie des ailes ou de la narine vue de face
- Il s’agit le plus souvent d’une rétraction de la peau par un excès de retrait de cartilage alaire ou d’un déficit cutané
- On parle davantage ici d’une imperfection que d’une rhinoplastie ratée mais les patients s’en plaignent souvent
- Un geste rapide par rajout/greffe d’un fragment de cartilage est le plus souvent nécessaire pour corriger ce défaut
Cicatrices visibles
- Il peut s’agir de la voie externe mais aussi des cicatrices lors de résections narinaires
- Il est important que les tissus soient bien alignés lors de la fermeture en fin d’intervention. Dans le cas contraire, il y aura un risque de cicatrice non esthétique
- Par ailleurs, il faudra faire attention chez les patients à risque de mauvaise cicatrisation ou de chéloïde : patients d’origine africaine ou asiatique notamment.
- La correction est assez simple par reprise de la cicatrice
Bosse résiduelle
- Une bosse résiduelle ou récidivante peut avoir plusieurs causes
- Dans les cas mineurs, il s’agit
- d’une hyper cicatrisation osseuse après résection de bosse
- ou d’une hyperplasie des tissus mous sous cutanés
- La « bosse » est de l’ordre de quelques millimètres et elle est facilement rattrapable
- En effet, une simple retouche par râpe règlera cette imperfection esthétique
- En revanche, il existe une bosse due à un défaut technique et cela nécessite souvent une reprise totale de la chirurgie
Nez de corbin
- Il s’agit malheureusement d’une complication classique de la rhinoplastie
- Il s’agit d’une résection trop importante d’une bosse avec le passage d’un grand nez à un tout petit nez
- La peau, recouvrant moins de surface nasale, va « s’agglutiner » au niveau du tiers moyen
- Ceci entrainera une « bosse » très dure mais simplement due à ce condensé de peau et tissus mous avant la pointe.
- Malheureusement, une rhinoplastie secondaire est nécessaire par ré expansion du nez afin de retendre à nouveau la peau pour supprimer cette bosse
Ensellure
- Il s’agit également d’une résection excessive d’une bosse avec un profil trop creusé
- L’aspect n’est pas du tout harmonieux ni naturel
- Elle peut également être due à une cloison qui ne tient pas bien le profil
- Malheureusement, ici encore, une chirurgie par rhinoplastie secondaire est nécessaire afin de combler cet excès de retrait de profil
Troubles trophiques de la peau
- Le tissu sous cutané est important dans le rendu visuel d’une rhinoplastie
- En effet, une peau ou un tissu ou sous cutané altéré aura des répercussions visuelles
- On aura un aspect non régulier du nez car le « matelas sous cutané » n’est pas homogène
- Il peut s’agir d’une résection trop importante ou de la survenue de fibrose (mauvaise cicatrisation, tissu dur) sous la peau.
- Plus un nez subit de rhinoplasties, plus il est à risque de troubles trophiques
- Dans la plupart des cas cités ci-dessus, il existe une solution plus ou moins facile.
- Il est important de bien communiquer vos peurs à votre chirurgien.
- Il y a des choses qui peuvent se régler si elles sont prises à temps.
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