Tabac et rhinoplastie
Nous allons aborder dans cet article les effets du tabac ainsi que les recommandations concernant l’arrêt et la reprise.
Nous allons également parler du vapotage : est-ce une alternative pour nos fumeurs ? A-t-il les mêmes effets nocifs ?
Le risque de fumer pour une rhinoplastie
- La composition du tabac et de la fumée (nicotine et monoxyde de carbone) vous permet sans aucun doute d’imaginer les effets sur une chirurgie
- Les fumeurs ont scientifiquement plus de chances de subir des complications postopératoires que les non-fumeurs
- Les effets sur la cicatrisation
- La mauvaise cicatrisation est due au manque d’oxygène que perçoivent les tissus en cours de cicatrisation
- La cicatrisation sera ralentie
- Il y a un risque majoré de nécrose tissulaire (mort des tissus mous)
- Il y a également un risque élevé de cicatrice trop visible et non nette
- Infections
- Le tabac diminue notre système immunitaire spécialement en période post opératoire
- Le corps est donc plus vulnérable face aux infections virales et bactériennes
- Les infections concernent les zones d’incision mais aussi les tissus cartilagineux et tissus sous cutanés
- Cela peut avoir pour effet une asymétrie du nez à cause d’une cicatrisation des tissus et de la peau de façon non uniforme
- Risque de rhinoplastie secondaire
- La suite logique est de majorer les risques d’échec sur le plan esthétique
- Cela peut aussi avoir un risque fonctionnel (respiration).
- Risque sur l’anesthésie
- Les effets respiratoires du tabac sont bien connus
- L’anesthésiste peut rencontrer des difficultés dans la ventilation du patient lors de l’anesthésie générale mais également dans le contrôle des paramètres cardiovasculaires.
Les impacts du tabac par étape post opératoire
- La première semaine
- Une majoration de l’œdème, du saignement et de la congestion nasale
- Entre la deuxième et la troisième semaine :
- Classiquement, les cicatrices sont bien fermées et l’œdème diminue
- Un risque d’infection est majoré en cas de prise de tabac
- Après 4 semaines : risque de nécrose des tissus
- Après 2/3 mois : œdème prolongé
- Après 12 mois le résultat final peut être impacté par une mauvaise cicatrisation des tissus :
- Tissus plus épais au niveau de la peau ou de la « sous peau »
- Cicatrices visibles hypertrophiques
- Aspect d’œdème prolongé
Recommandations du chirurgien sur le tabac
- Il est essentiel d’arrêter le tabac au minimum 2 semaines avant la chirurgie. Plus l’arrêt est précoce, meilleures seront les conditions de chirurgie.
- Un arrêt total de 4 à 6 semaines post opératoire est recommandé au sein de notre cabinet.
- Il s’agit du temps minimal pour une bonne cicatrisation, une bonne réduction de l’inflammation locale et de la cicatrisation des zones d’incision.
- Une reprise du tabac trop rapide peut avoir des répercussions :
- Une réouverture des cicatrices
- Une majoration de l’œdème et de l’inflammation
- Une mauvaise cicatrisation des tissus sous cutanés (donc impact sur le résultat esthétique à long terme)
Intérêt des substitutifs : patch et gomme
- Il existe certains avantages aux patchs et gommes à macher à base de nicotine :
- On évite les irritants inhalés sur les tissus locaux
- La muqueuse nasale est moins sèche et permet une cicatrisation plus fluide
- Cela est intéressant chez les grands fumeurs avec une transition plus douce dans l’arrêt du tabac
- Néanmoins n’oublions pas que la nicotine a aussi un effet systémique (sanguin)
- Elle réduit le taux d’oxygène et entraine une vasoconstriction
- Cela a pour effet une « perfusion » non optimale des tissus en cours de cicatrisation et donc un retard voire un risque d’infection
Le vapotage
- Le vapotage et les e-cigarettes sont de plus en plus répandus
- La problématique est la présence ou non de nicotine
- S’il y a de la nicotine, les effets seront identiques, même si moindres :
- Baisse de la distribution d’oxygène dans les tissus
- Exposition de la vapeur sur les tissus
- Exposition des agents chimiques moindres mais aussi quelques fois inconnus
- Le vapotage sans nicotine peut être plus intéressant même si on identifie mal les additifs qui remplacent la nicotine
- Il est difficile de dire que le vapotage non nicotinique n’est pas complètement nocif
- Cependant, on peut considérer qu’il y ait un avantage par rapport au tabac
Conclusion
En conclusion, l’arrêt du tabac est primordial afin d’optimiser la cicatrisation postopératoire.
On considère qu’un arrêt de deux semaines avant et six semaines après est la meilleure option pour limiter les effets du tabac.
Chez les grands fumeurs, une substitution avec le moins de nicotine possible est recommandée.
L’avis d’un addictologue peut être demandé. Dans certains cas, il faudra envisager de repousser la chirurgie.
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